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Des toilettes sèches par nécessité

Mes WC s’écoulent mal. Et en partie dans ma cave, car le tuyau a fuité sous l’excès de pression.

Les dépanneurs sont venus. Ils reviendront… dans trois jours. En attendant, toute l’eau qui s ’écoule se retrouve dans ma cave. Avec les odeurs qui vont avec.  Je ramasse l’eau. J’ai inventé le mouvement perpétuel.

On a arrêté les machines. Le linge s’entasse et la vaisselle est lavée à la main dans une cuvette dont l’eau part au jardin.

Un caillebotis, un rideau et un seau d’eau chauffée au soleil forment une douche très agréable. On est en été.

Et pour le reste…

Une chaise mise au rebut pour cause d’assise trop amovible. L’assise amovible m’arrange bien.

Une poubelle plastique qui s’encastre pile sous ladite chaise. Un sac poubelle.

De la litière pour un lapin que je n’ai jamais eu.

Un bol de litière au fond du sac.

On fait ce qu’on a à faire.

Un bol de litière par-dessus, en couvrant bien le papier, parce que le papier c’est moche.

Zéro euro et 100% recyclage, j’arrête de me prendre l’eau des chiottes sur la tête.

Je renifle mon installation d’un air suspicieux. Je l’ai lu, mais je n’arrive pas à croire que les toilettes sèches ne sentent pas.

Eh bien, c’est vrai. Couvrir avec de la flotte ou de la paille, sciure, ou ce que vous voulez, ça marche pareil.

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 Ma fille vient en week-end. Elle trouve la douche très poétique. J’ai du mal à lui dire que pour les toilettes, eh ben…

– Arrête maman, il y a des toilettes sèches dans tous les festivals.

Bon, et vous me direz, on fait quoi du sac ? Il y a toujours la poubelle. Et si vous avez un coin de jardin (et que vous êtes prêt à attendre un an pour avoir un compost bactériologiquement sain) c’est tout à fait jouable. Il faut juste recouvrir le contenu du seau avec une quantité égale de terre ou de feuilles. Toujours ce principe de matière végétale qui neutralise les odeurs en attendant que la transformation en compost se fasse, comme dans toutes les forêts du monde. Personnellement, j’ai tenté, à titre d’expérience. J’ai vidé le sac (ça sentait pas bon, ce qui n’étonnera personne : j’ai bousculé en vidant les couches bien ordonnées qui assuraient l’étanchéité.) J’ai couvert avec mon mélange terreau-feuille. Ça sentait à nouveau plus rien.

J’attends un an, et je planterai des fleurs.